Armageddon
Armageddon : du feu et des flammes (et Bruce Willis, aussi)
Armageddon brièvement :
Année : 1998
Réalisateur : Michael Bay
Avec : Bruce Willis, Ben Affleck, Steve Buscemi, Liv Tyler, Billy Bob
Thornton
Après Bruce dans une tour, Bruce dans un
aéroport, Bruce à New York et Bruce garde
fluvial, une
nouvelle (par rapport aux autres) aventure de Bruce :
Armageddon ou Bruce dans
l'Espace
L'introduction
Une
belle image de la planète bleue qui semble calme avec en sous
titre «65 millions d’année avant maintenant»
et
soudain l’apparition d’une énoooooorme explosion à sa
surface. C’est alors que la voix off entre en scène et dit un
truc du genre : «La Terre a déjà
été frappée par un immense astéroïde
il y a des millions d’années ! C’est arrivé et cela peut
encore se produire.»
Après une minute et demie, on est déjà
scotchés par ce film dont l’intrigue inventive et novatrice
n’attend que nous !
Là arrive un titre en lettres de feu pour bien montrer qu’on
n’est pas là pour rigoler !
Image
suivante, une navette de la NASA en pleine mission parce qu’on veut
montrer de la belle technologie américaine et une salle avec
plein de gens derrière des ordis qui ont l’air très
occupés ! C’est normal vu leur salaire, il faut qu’ils aient
l’air de bosser. Puis d’un coup, la navette se fait pulvériser
par des cailloux (ben merde quand on voit le prix que ça
coûte, pas solides ces trucs là…). C’est le drame : la
NASA fait la découverte d’un astéroïde qui va venir
frapper la terre et tous nous tuer.
"Ho non, nous allons tous mourir !"
L'action
Passons le
bombardement de New York où comme toujours c’est le Chrysler
Building qui s’en prend plein la gueule (tiens pourquoi c’est jamais le
WTC), pour en arriver à la solution qui nous sauvera tous :
creuser un puits de 250 m puis y placer une charge nucléaire (et
après Greenpeace va nous faire croire que les armes atomiques ne
servent à rien !). Formidable !
Si
l’astéroïde fait la taille du Texas (c’est pas pour dire
mais le Texas c’est une surface a priori, alors que
l’astéroïde c’est un volume, mais bon il est vrai que je
fais des études scientifiques et que je vois des petites erreurs
partout qui échapperont facilement à l’attention du
béotien), je pense que c’est plutôt un puits de 100 Km qui
serait nécessaire. Démonstration : superficie du Texas =
690 000 Km2. Considérant un astéroïde
sphérique de même surface on obtient par la formule de la
surface de la sphère = 4πR2, un rayon ≈ 234 Km. C’est clairement
QFD.
Ce qui
est bien
c’est que l’équipement nécessaire est disponible presque
instantanément (alors que la solution a été
trouvée presque par hasard) ! Ce serait bien si toute
l’industrie pouvait produire aussi vite tout type de produit.
Pour creuser un
puits, il nous faut une équipe de types qui creusent des puits
(pas con), on va donc chercher un spécialiste du forage
pétrolier. Ce qui nous donne l’occasion d’avoir une belle
scène de plate-forme pétrolière où on
constate que c’est pas pour les tapettes de travailler là. C’est
un boulot pour les cow-boys, les vrais,
où tout se fait à
l’instinct.
"Nous, les foreurs, on n'est pas des tapettes !"
La sélection des héros
Génial,
dès maintenant n’importe qui peut en moins de quinze jours
devenir astronaute (et quant on pense qu’il y a des abrutis qui suivent
des entraînement de près d’un an, sans compter le temps
qu’il faut pour espérer être candidat potentiel au vol
spatial).
Pour la dream
team sauveuse de l’humanité on a droit à une
sélection rigoureuse qui évite les raccourcis et nous
propose des personnages à la psychologie complexe et fine :
- un noir grand et fort (qui curieusement est toujours vivant à
la fin).
- une espèce de «camionneur»
tatoué et
très sensible (derrière son physique de dur bat un cœur
gros comme ça).
- un génie qui pète les plomb une fois dans
l’espace.
- une femme pilote de navette parce qu’au 20ème
siècle la
femme est l’égale de l’homme. Quel beau message
d’égalité
!
- un commandant de mission qui obéit aux ordres
aveuglément et qui est bien moins courageux que Bruce.
- le russe imbibé à la vodka et avec un superbe
accent
russe (alors que les autres ont plutôt un accent français).
- un chef de mission (celui qui est à Houston pour le
contrôle dans la salle avec plein d’écrans) qui n’a pu
réaliser son rêve (devenir astronaute) suite à un
accident. Il est dur mais juste avec Bruce et son équipe, un
type bien !
- la fille de Bruce : elle est bonne ! C’est en effet
à peu
près tout ce qu’il y a à dire sur
«l’interprétation» de Liv Tyler.
Comme elle est dans une base aérienne, Liv porte une
combinaison
de pilote, c’est plus dans le contexte.
A la NASA, les ingénieurs portent un tablier Golgate
(pour ne
pas salir leur costume en reversant du café)
et un casque (on ne rit pas avec la
sécurité, des
fois qu’un classeur tomberait d’une armoire)
- Le fiancé de la fille de Bruce (c’est aussi son
adjoint) : lui
aussi joue les top modèles (si l’on peut dire). Il est
constamment en conflit avec Bruce, mais en fait ce dernier le
considère comme son fils et est très content que lui et
sa fille soit ensemble. C’est beau l’Amour !
- Bruce ou le héros typiquement américain :
c’est un
bosseur, il n’a pas peur de se salir les mains dans son travail (en
même temps quand on travaille sur une plate-forme
pétrolière difficile de faire autrement). C’est le
meilleur dans son domaine et ça c’est la grande classe pour lui.
Il est parfois emporté mais il est courageux et n’a que des
bonnes idées (qui a dit John McLane ?).
Les hélicos, toujours utiles pour escorter les
piétons !
Un hommage à Apocalypse Now sans doute.
C’est là toute la force de ce film : il s’adresse au
spectateur
lambda comme au cinéphile averti.
La dernière demi-heure (la meilleure)
Faire
décoller deux navettes quasi en même temps à 100 m
de distance bravo pour la sécurité !
Les types qui
quasiment sans le moindre entraînement encaissent 10g sans
s’évanouir, j’adore !
Aller de la
terre à la lune en quelques heures avec une navette, je dis
bravo ! Ben oui, les navettes ne sont pas conçues pour aller
plus loin que l’orbite terrestre et n’emportent que très peu de
carburant, juste pour manœuvrer. Mais suis-je bête, c’est
prévu : elles n’ont pas assez de carburant certes, mais la
station Mir, qui, comme chacun sait, est un immense réservoir de
carburant, est là ! C’est tellement facile d’envoyer des objets
dans l’espace, envoyons des tankers de 50 000 litres ! D’ailleurs, la
station Mir explose, parce que bon, c’est du matos russe, ça
peut pas tenir jusqu’à la fin du film, non plus. Quant à
la distance terre lune, ça fait dans les 300 000km ; les
missions Apollo mettaient plusieurs jours, mais bon la technologie
à évolué.
Le conseiller scientifique d'Armageddon
Le
slalom des
navettes entre les rochers, génial (et tellement en accord avec
les lois de la physique) ! À ce moment d'ailleurs (approche de
l’astéroïde), la tension dramatique est à son
paroxysme puisque l’une des navettes s’écrase sur
l’astéroïde. Heureusement, il y a des survivants,
malgré un crash qui se fait à une vitesse assez
monstrueuse (à noter que cette navette là est plus solide
que celle de l’intro).
Alors bon,
évidemment, le forage se passe mal, avec plein de pièces
à changer et surtout ils perdent finalement leur engin à
forer ! Mais celui de la navette crashée arrive
précisément à ce moment là ! Quel
rebondissement inattendu !
La foreuse, c'est autre chose que Black et Dekker,
quand-même
Pour
finir,
alors que tout semble enfin fonctionner correctement le
détonateur de la bombe n’est plus activable à distance…
l’un des hommes va devoir se sacrifier (car bien sûr la navette
sera plus rapide que l’explosion et pourra sauver tous les autres).
Qui choisir ?
Ils tirent à la courte paille et c’est le fiancé de la
fille de Bruce qui est désigné… Seulement
voilà, Bruce est un vrai héros ! Il va donc prendre sa
place et faire exploser la bombe (au dernier moment bien entendu).
Bruce s’est sacrifié pour endosser tous les péchés
des hommes. Jésus est de retour, Jésus est
américain, Jésus a le cheveu court et Jésus
s’appelle Bruce.
Là,
scène de joie partout dans le monde, car dans ce film
l’explosion est visible de toute la terre et il fait jour partout en
même temps, sans doute que la terre est plate finalement...
Dans cette
euphorie généralisée, on aperçoit beaucoup
d’enfants qui tous sortent de chez eux avec des navettes en mains, la
scène ultime étant bien sûr des enfants jouant avec
une des dites navette et passant devant un mur où l’on peut voir
une vieille affiche flétrie par les intempéries sur
laquelle on reconnaît… JFK (ça ne s’invente pas).
Ils sont fort
ces américains (allez hop pas de majuscules, ils ne le
méritent pas) !
"Ouais, on est trop forts (et on vous emmerde) !"
La vision du monde :
Paris,
sa tour
Eiffel ! C’est dingue, vu la taille de la terre, qu’une des
météorites tombe pile sur une ville aussi connue
mondialement. Elle a en fait beaucoup plus de chance de tomber dans un
océan ou un désert finalement. De plus, il est bien connu
qu’en France les gens, pour s’amuser, passent leur temps dans des
deux-chevaux à les faire bouger sur leurs amortisseurs. Les
Français n’ont d’ailleurs que des deux chevaux.
L’inde et son
Taj Mahal, forcément ! Vous pensiez franchement qu’il y avait
autre chose à voir en Inde ?
Et n'oublions
pas la Russie et sa station Mir qui fuit de partout (ben oui les russes
n’ont pas d’argent pour entretenir leurs équipements) avant de
faire un gros boum !
Remarque pour les puristes :
est-ce bien Bruce sur la photo ? Oui, nous
confie Michael B. de Los Angeles c’est bien lui !
La preuve : sous sa
combi il porte un marcel plein de taches et de transpiration ainsi que
son pansement sur l’arcade sourcilière !
On ne voit rien, c'est normal, la photo est trop petite
En
bref, avec la
crédibilité scientifique d’un Mission to Mars ou
encore
un Julie Lescaut, un scénario tortueux qui joue avec les
nerfs
du spectateur en nous tenant en haleine jusqu'au bout, une
interprétation sans faille des acteurs jouant de toute leur
inexpression et la rigueur de réalisation des meilleurs
épisodes de Amour, Gloire et Beauté, Armageddon
vous
fera passer assurément un moment de détente inoubliable
et culturel.
Le Nelge