Donjons et Dragons

Donjons et Dragons, une grosse image pour l'affiche, tiens


Donjons et Dragons brièvement :


Durée : 110 minutes

Année : 2000 (date de sortie 27 décembre 2000)

Réalisateur  : Courtney Solomone

Avec : Jeremy Irons, la fille dans American Beauty, là, Thora Birch, un des deux frères blacks de Scary Movie, Marlon Wayans, ouais, c'est ça, Marlon Wayans, et puis d'autres qui ont fait que trois films comme Justin Whalin, ce gros loser (ah non, tiens, il en a fait quatre)


          Donjons et Dragons, c'est à la base un jeu de rôles. Parlons donc d'abord des rôles et des personnages.


I Les Personnages :


           Dans Donjons et Dragons, il y a des tas de personnages : une elfe noire noire, un voleur noir, un voleur blanc, une magicienne blanche, un nain roux, une impératrice blanche, une sorte de voleur à tête d'aubergine violette, un méchant blanc avec un rire sadique et un bras droit du méchant avec des lèvres bleues et les oreilles rouges. Cette dimension cosmopolite souligne à merveille la richesse et la diversité du monde, ainsi que la grande tolérance du réalisateur et de l'équipe de production. Le message de paix universelle qui s'en dégage est très fort.


          Les personnages donc sont variés et ne tombent jamais dans la caricature, avec le voleur noir un peu maladroit, dragueur et tchatcheur, le voleur blanc droit et courageux, la magicienne débutante qui ne connaît pas le combat ou encore le méchant très méchant au rire diabolique très diabolique.


          Ces personnages ont évidemment plein de noms (un nom par personnage en moyenne), mais on s'en fout en fait tellement deux personnages ont un nom trop cool : Damodar et Profion. Damodar a l'air d'être un nom modulable puisqu'il se change en "Damotar", "Pamotar" ou "Dermotar" selon la personne qui le dit, et aussi au gré des envies.


          En tout cas Profion ça reste tout le temps Profion mais c'est normal, c'est un nom qui inspire la terreur et le respect. Et qui laisse aussi supposer un côté diabolique.


          [Télex] Au dernier moment nous avons eu des révélations stupéfiantes : l'impératrice s'appelle Savina, le voleur Ridley, son copain black Snails, la magicienne qui les aide Marina et l'elfe noire Norda. Plusieurs Bothans sont morts pour nous livrer ces informations.



"Mon nom est diabolique ! Ahahahah !"


II L'Histoire :


           De tout le film, qui comporte pourtant une quantité hallucinante d'effets spéciaux, c'est sans doute l'histoire qui a dû prendre énormément de temps, tant  à rédiger qu'à retravailler pour la rendre sans cesse plus touffue et pleine de surprises étonnantes.


          Dans le monde de Donjons et Dragons, les Sorciers sont des Aristocrates qui dirigent la plèbe, alors que la plèbe est dirigée par les sorciers qui sont des aristocrates qui dirigent la plèbe. L'impératrice veut que les privilèges des sorciers soient abolis. L'impératrice est une gentille égalitaire. Par contre Profion est un méchant sorcier qui veut maintenir les privilèges des sorciers, et même il voudrait que le royaume devienne une vilaine dictature de sorciers, avec lui au pouvoir puisque c'est lui qui a eu l'idée, hé, oh, j'y suis j'y reste.


          Profion veut commander aux dragons rouges pour terrasser l'impératrice qui, elle, a son sceptre de commandement aux dragons dorés qui lui permet de se défendre et de pas se faire jeter par le conseil des magiciens comme ça d'un coup d'un seul, paf. Alors Profion, pas bête, veut se fabriquer son propre sceptre de commandement comme l'aurait fait McGyver. Mais McGyver, lui, il l'aurait pas fait parce qu'il est gentil. Disons qu'il fait ça comme l'aurait fait McGyver s'il avait été méchant. En même temps, McGyver est intrinsèquement gentil, alors la question se pose même pas, et puis que viendrait faire McGyver à une époque où on n'avait même pas inventé le couteau-suisse ? Soyez raisonnables, un peu.


          Enfin bon, son bricolage maison marche pas, et lors de l'essai, il est obligé de tuer son dragon de test en le faisant écraser par une lourde porte avec des pics. On dirait le Retour du Jedi, mais en fait Georges Lucas a dû voyager dans le futur pour piquer son idée au réalisateur de Donjons et Dragons, parce qu'il faut pas rigoler, Donjons et Dragons est avant tout un film original.



"C'est pas moi !

Et puis achetez Star Wars Episode II en DVD, sinon on n'aura jamais assez de sous pour faire Episode III, à cause des pirates du Internet"


          Après il se passe plein de trucs, le héros pénètre dans une école de magie pour la cambrioler avec son pote black, et puis il est surpris par une magicienne qui elle-même suprend un complôt ourdi par Profion avec son second Damodar, et sa tête est mise à prix avec le héros et son pote noir, mais elle a récupéré un parchemin qui dit un truc, mais bon, il faut qu'ils récupèrent un bidule qui se trouve dans une guilde de voleurs, et puis y a des téléportations et puis ils arrivent à la guilde, voilà (ah oui, en chemin ils rencontrent un nain roux qui doit être un élément comique, peut-être).


          Le héros doit aller dans un labyrinthe mortel de la mort qui tue. Personne n'en est jamais sorti vivant. Et lorsqu'on voit le labyrinthe, on comprend que c'est parce que personne n'a dû y entrer. Ce dédale monstrueux comporte en effet 3 pièces, avec des astuces étonnantes et jamais vues. Tout d'abord la pièce avec les haches qui se balancent du plafond, où il faut aller de hache en hache en rythme. Ensuite une salle à énigme où il faut suivre un parcours au sol sans se tromper sous peine d'être rôti, avec en plus un mur qui avance derrière et une porte qui se referme en face. Et enfin, l'épreuve de réflexion ultime : une chambre forte avec un mécanisme à dents qui bouge très vite, et un sablier qui indique le temps qu'il reste avant que le plafond avec des pointes s'abatte sur le héros. Ça paraît quasiment impossible. Dans une série télé sérieuse on nous mettrait un fondu au noir avec une musique dramatique pour souligner que la situation est terrible. Heureusement, le héros est malin.


          Oui, le héros est malin : il casse le sablier, et ainsi tout s'arrête, le plafond remonte, et le trésor est libéré, le héros peut passer à la caisse pour échanger ses points contre un cadeau. En fait non, il gagne l'oeil du dragon qui lui est indispensable pour le reste de sa quête, on sait encore pas trop pourquoi mais c'est comme ça. Et puis c'est un film plein de surprises, aussi, alors des fois on ne sait pas trop où on nous emmène, il faut accepter de se laisser porter. On peut aussi s'endormir en attendant la fin, ce qui en plus aura l'avantage de vous reposer.


          Et puis aussi Profion il lance un sort à son second Damodar pour le forcer à lui obéir et à ne pas échouer, parce qu'il avait laissé les autres filer, et c'est impressionnant, il a une bestiole dans son corps qui ressort par les oreilles. C'est fou.



J'ai pas besoin de coton-tiges. Ahahah


          Bon, alors après le copain black meurt en se sacrifiant, et le héros découvre qu'il a le mojo, et il y a la bataille finale. L'impératrice lance ses dragons contre Profion et les magiciens, mais pendant ce temps le héros trouve le baton de super pouvoir qui permet de diriger les dragons rouges, mais Damodar s'en empare et le donne à Profion qui lance les dragons rouges contre les dragons d'or de l'impératrice, mais le héros arrive pour se battre contre les méchants, mais Damodar se bat contre le héros, mais le héros bat Damodar, mais Profion se bat contre le héros, mais ses amis arrivent un à un pour l'aider, mais au fur et à mesure que ses amis arrivent, Profion les bat un à un, mais le héros brise le sceptre, mais un dragon mange Profion, mais c'est fini, oh non, j'en aurais bien repris encore une heure ou deux.


         Ne vous en faites pas pour Damodar, au fait, Profion lui retire la bestiole méchante qu'il a dans la tête, juste avant qu'il soit jeté dans le vide.


          À la fin on voit qu'en fait le copain black est pas vraiment mort, enfin, ils peuvent aller le rejoindre là où il se trouve en se transformant en de petites étoiles qui volent, c'est le plan de fin, c'est presque joli, on est contents, c'est fini.



C'est l'armure de Damodar, ça n'a rien à voir, mais c'est bien joli quand même


III Les effets spéciaux


           Les effets spéciaux méritent bien qu'on leur consacre un point entier tant ils sont trop bien faits. On a vraiment l'impression de se retrouver devant un jeu vidéo. Les gens des effets spéciaux doivent être ceux qui ont travaillé sur Baldur's Gate premier du nom tant le détail est poussé à l'extrème et l'animation soignée. C'est fini le temps des maquettes ringardes, on est dans l'air du numérique maintenant. Oui messieurs-dames, des trucages avec des ordinateurs. Et c'est fou. On a des dragons en 3D dignes des meilleurs tutoriels de Je fais des dragons en 3D pour épater mes copains.



Des dragons terrifiants de réalisme


          Le tout est, bien sûr, animé à l'avenant. Sinon, hormis les dragons hémiplégiques, on a droit à des incrustations qu'on pourrait qualifier de proprement "magiques"...



"C'est le plus beau jour de ma vie, je suis dans une incrustation !

Je suis ému.

Vite, je vais fixer ma lame d'un air bête pour me donner une contenance !"


          ...Et évidemment à des sorts d'éclairs ahurissants.



"Shazam !"


          Et bien sûr, le meilleur pour la fin, l'effet ultime : le ciel qui rend super bien et qui crée une vraie atmosphère de tension de façon discrète et raffinée.



Tsin tsin tsiiiiin, la tension !


          C'est vraiment du grand spectacle. En même temps on était prévenus sur l'affiche: "This is no game*". Enfin, une fois parlé des effets spéciaux, on peut également parler des costumes. Et là aussi c'est du grand spectacle.


* Ce n'est aucun jeu (traduction : Altavista Babelfish)


IV Les costumes


           Loin d'être de simples accessoires, les costumes de Donjons et Dragons permettent, outre d'empêcher les acteurs de se promener tout nus, ce qui pourrait être choquant, voire ridicule, voire en fait plutôt un moyen facile de donner un côté subversif à un film naze, de servir vraiment l'intrigue. Chaque costume est étudié pour souligner les personnalités des personnages voire leur ambiguité. On voit ainsi que Profion, lorsqu'il veut passer pour un gentil, s'habille en blanc alors qu'il est en noir lorsqu'il se laisse aller à ses instincts destructeurs et machiavéliques. Quelle symbolique !



Noir : méchant



Blanc (à gauche) : toujours méchant mais il fait semblant d'être gentil


          L'elfe noire quant à elle a une armure avec des tétons qui pointent. Je dois dire que là notre équipe de spécialistes n'a pas vu de signification particulière, par contre. Pourtant nous avons bien observé. L'hypothèse la plus communément acceptée étant que cette armure à tétons n'est là que pour nous faire croire que l'actrice possède une poitrine énorme. Mais alors pourquoi l'elfe aurait une poitrine énorme ? Ces attributs mammaires imposants auraient-ils une quelconque signification dans le monde de Donjons et Dragons ? Le mystère reste entier.



Une armure avec des tétons : pourquoi ?


Conclusion : Donjons et Dragons est un film à grand spectacle qui nous promène de surprise en surprise, sans nous laisser comprendre toute l'histoire, comme cette histoire de tétons, par exemple, c'est frustrant. Il faut donc chercher parfois par soi-même des réponses aux questions qu'il pose. C'est vraiment très bien et philosophique. Mais si on s'endort, rassurez-vous, c'est aussi très bien.


Choucroute