Subterano

On aurait bien voulu vous trouver une grande image pour faire comme une affiche de film, malheureusement on n'a pas pu, parce que Subterano c'est pas exactement un film très commercial, du coup c'est dur à trouver sur le internet. Pour compenser Choucrouteweb vous offre une affiche de The Punisher, qui est un rudement bon film aussi.




Non, c'est pas vrai, en fait on en trouve quand même, mais je voulais mettre une affiche de The Punisher, parce que c'est vachement bien.



Réalisé par Esben Storm

Année : 2003

Avec : Alex Dimitriades, Tasma Walton

Durée : 96 minutes


1. Le Concept


Un tueur en série s’évade de prison à l’aide de sa copine. Il se retrouve enfermé dans un mystérieux parking avec elle ainsi qu’une bande d’ados trop cools digne des pires mangas, un comptable alcoolo et un agent de sécurité qui est en fait une femme mais agent n’a pas de féminin alors commencez pas à me faire chier. Notre joyeuse équipe trouve porte close et le corps du gardien de parking. Que faire ?



Fuck la police !


Une mystérieuse machine fait alors son apparition après avoir faire disparaître une adolescente trop cool et révèle la vérité : ils sont dans le jeu Subterano mais en version réelle. Nos héros vont donc devoir atteindre le dernier niveau du jeu pour libérer leur copine disparue et pouvoir échapper au cruel maître du jeu : Emboman. Quel suspense ! Zut j’ai oublié de dire que Subterano avait lieu dans un univers futuriste où les audi A4 conduisent du côté gauche de la chaussée (à moins que ce ne soit simplement un film australien).


2. Super Mario 64, mais en moins bien


La réalisation est très subtile. Chaque niveau du parking sous terrain représente un niveau de jeu. Comme la production n’était pas très riche, c’est tout le temps le même niveau qu’on voit mais avec des filtres différents pour bien faire comprendre qu’on change de niveau (la fameuse école du filtre lancée par Crazy Six). Les gens du cinéma sont vraiment des illusionnistes de talent. Au cours des niveaux notre groupe se verra progressivement décimé par des machines tueuses au service du maître du jeu. Il y a même un hommage à Geoffrey Ho puisque l'une de ces machines subtilement baptisée Ninjo n'est autre qu'une étoile de ninja télécommandée. Outre les filtres, le réalisateur n'a pas peur de sortir des sentiers battus en ne proposant que des images cadrées de travers. Les mauvaises langues diront qu'il ne sait pas tenir une caméra. Avec un minimum d'ouverture d'esprit on se rend compte qu'il s'agit d'un effet artistique inventif et audacieux.



"Zut, j'ai perdu mes pieds"



Le niveau 1



Le niveau 2



Très différent des autres, le niveau 3



On ne croirait pas que le niveau 4 est tiré du même film que les précédents



Le niveau 6 fait perdre la tête à certains



L'ultime niveau : le niveau Disco !


3. Un film engagé


En plus de dénoncer grave les dangers des jeux vidéo et du fait de traîner tard dans les parkings sous terrain, Subterano est une fable politique ambiguë. En fait non, ce n’est pas du tout ambigu, y a un vilain dictateur et deux courageux enfants rescapés d’un massacre qui devenus adultes se battent contre le pouvoir en place (le héros et sa copine). Ils sont un peu désabusés et rêvent d’azur, de grand large et d’air pur. Alors ils fuient la menace, les phénomènes de masse, les bruits de populace.* À un moment, il y aussi de l’émotion puisque la copine du héros explique que si elle a dénoncé son homme c’était pour protéger leur enfant. À ce moment, il convient de verser une larme. Ce film dit également non à l'alcool puisque le comptable alcoolique arrête de boire au cours de l'aventure.



"J'arrête de boire, je préfère aller me suicider"


C'est également un film indépendant puis qu'il n'hésite pas à être politiquement incorrect comme le prouvent les images suivantes.



Un film qui ose les symboles phalliques



Un film qui ose faire un doigt


4. Terminator peut se rhabiller


Ces extraits de la scène finale montrent bien l’ampleur du budget effet spéciaux :



Le méchant se régénère tel un cyborg en métal liquide, mais en moins liquide



L'image du méchant dans le jeu est sensible au feu



Le vrai méchant souffre de l'incendie de son image au point de s'enrouler dans des câbles


5. Une fin très ouverte (une fois de plus)


Finalement, seuls le héros, sa copine, leur enfant qui apparaît mystérieusement et une des ados trop cools parviennent à se sauver. Le grand méchant est juste blessé et prépare déjà un traquenard pour de nouvelles victimes, sans doute pour un Subterano II qui ne verra jamais le jour faute d’argent. C’est bien dommage.



Youpi !


Comme souvent, c'est le commentaire de la jaquette qui résume le mieux tout ça : une mise en scène et des effets spéciaux à la hauteur du concept. De l'action, du rire, de l'émotion, des sentiments et de la dénonce ; c'est peut être trop pour un seul film. En tout cas c'est juste assez pour Subterano, sans doute grâce à un dosage très subtil de ces éléments.


Le coup de grâce



Le générique de fin est à base de comics. Il était temps que ça se termine


* hommage à la plus grande chanson de hard rock de tous les temps.


LE Nelge