The Order

«The Order»

ou

«Les aventures de Rabbi Jean-Claude»


The Order brièvement :


Durée : 86 minutes

Année : 2001 (sorti directement en vidéo)

Réalisateur  : Sheldon Lettich

Avec : Jean-Claude Van Damme, Charlton Heston et des autres qu'on connaît pas


I L'histoire


           Tout commence à l’époque de la première croisade lors de la prise de Jérusalem par les armées des croisés. Assistant au bain de sang consécutif à la prise de la ville sainte, Charles le Vaillant (un chevalier flamand) est horrifié par ce massacre d’innocents au nom de la religion. Il erre alors dans des grotte sous la ville sainte, et a une révélation divine. Il écrit le Fazzar et fonde une secte basée sur les préceptes des trois grandes religions monothéistes. Il est vite rejoint par des anciens croisés mais aussi des Juifs et des Musulmans. Cette secte est sponsorisé par Kronenbourg (au vu du blason que ses adeptes arborent sur leur robe). Quelques années plus tard, alors qu’il vient de cacher sur le sol l’ultime chapitre du Fazzar, Charles le vaillant meurt en martyr, tué par des hommes anciennement sous son commandement (à noter que si Charles a une allure de sage façon Panoramix (barbe plus courte quand même), ses hommes ont conservé force et vigueur malgré les années).


Ukraine à l’époque actuelle

          Nous découvrons Rudy (c’est comme ça qu’on appelle Jean-Claude dans cette histoire) en trafiquant d’objets d’art volant un œuf de Fabergé dans un musée. Naturellement, malgré un luxe de précaution et un complice dans une camionnette, Rudy est repéré par les gardes, ce qui nous offre une scène d’action formidable.


          Après ce vol, il se retrouve à New York où il retrouve son père célèbre archéologue mais ayant néanmoins une grande complicité avec son fils si on en juge par leur façon de se saluer façon jeunes de banlieue américaine défavorisée. Le père de Rudy a retrouvé le dernier chapitre du Fazzar (pourtant bien caché sur le sol) et donné rendez-vous à son fils. Malheureusement les événements s’enchaînent on ne sait trop comment et il disparaît avec le précieux parchemin. Rudy décide de s’envoler pour Israël d’où son père l’a appelé pour la dernière fois…


II Une écriture de qualité


          Quand on sait que Jean Claude a participé à l’écriture du film, on comprend mieux la qualité tant scénaristique que philosophique du film. Tout est terriblement vrai et entier ! Les doublages français sont eux aussi grandioses et rendent bien toute l’intensité dramatique du film :


Rudy a retrouvé un ami de son père en Israël. Celui-ci remarque alors des hommes qui les épient et a cette merveilleuse réplique : "Mais ce sont les hommes qui ont enlevé ton père chez moi !" comme si de rien n'était, au détour de la conversation (précisons qu'à ce moment l'enlèvement du père de Rudy au domicile de son ami n'a pas encore été évoqué par ce dernier alors que lui et Rudy discutent depuis de longues minutes). Le naturel avec lequel Charlton Heston joue cette scène prouve qu'il n'a rien perdu de son talent légendaire.


            Naturellement, les mots d’humour ne manquent pas :


Dans le musée, les gardes ouvrent le feu sur Rudy .

    Le complice de la camionnette : "C’est pas un coup de feu ça ?"

    Rudy : "Non, j’ai pété !"



Comme le montre cette capture d’écran, je n’invente rien


          La barre est comme vous le constatez placée très haut.


          Mais tout ceci n’est rien à côté de la réplique ultime, celle qui à elle seule justifie quasiment tout le film, Rudy déclarant, en pleine Israël : "Y a quelque chose de pas catholique dans ce pays !". On sent que Jean-Claude s'est longuement documenté pour nous proposer une phrase d’aussi bon aloi.


III Des déguisements


          Une des clefs de ce film, ce sont les différentes techniques de camouflage dont use Rudy pour passer inaperçu en toute circonstance et éviter ainsi ses ennemis (même s’il finit toujours par leur régler leur compte).


          Pour le vol dans le musée, rien de tel qu’une tenue de para commando et surtout de la peinture bleue sur le visage pour mieux se camoufler (à noter que cette peinture peut s’enlever en quelques secondes, s'il faut par exemple revêtir l’uniforme d’un policier pour passer le barrage dressé par ses collègues).


          En ville quoi de mieux que de changer de lunettes pour échapper aux policier lambda (Rudy doit quand même en changer deux fois avant d’atteindre le niveau de discrétion nécessaire).


          Malheureusement pour échapper à la femme flic qui a perdu les boutons du haut de sa chemise, ce n’est pas suffisant. Rudy se souvient alors de Louis de Funès et décide de se déguiser en Rabbin. Cela donne différentes scènes cocasses : Un policier essaye de maîtriser Rudy en l’attrapant par la barbe (technique bien connue pour attraper quelqu’un), heureusement pour notre héros c’est une fausse barbe et celle-ci reste dans la main du policier qui se fait rapidement assommer. À un moment, lors de sa fuite, Rudy qui passait plus moins incognito en Rabbin se retrouve dans un quartier musulman de la ville, c’est désopilant !



Louis, c'est toi ?


IV Des poursuites fabuleuses


          On retiendra principalement les poursuites en DS (encore un hommage à de Funès) et en escalier mobile dans un aéroport. Il y a également la classique poursuite à moto (un type tombe de sa moto et Rudy n’a qu’à se servir) avec passage dans des ruelles et surtout des escaliers (pourquoi faire de la moto sinon ?).



Un véhicule conçu avant tout pour la vitesse


V Une secte qui fait peur


          Les adeptes de Charles le Vaillant se réunissent dans une sorte de temple, habillés d’une robe 1664 (pour les couleurs) en faisant du chant grégorien. Parmi ces adeptes il y a forcément des extrémistes et à leur tête Cyrus (un nom un peu latin, ça fait leader charismatique), le second disciple qui prend la tête de la secte par la violence. Cyrus porte l’épée et une barbe qui fait peur. Ses hommes de main quant à eux ont un béret pour faire un peu milice paramilitaire. Cyrus est un vilain conspirateur qui veut utiliser le plan des grottes sous Jérusalem, contenu dans le chapitre ultime du Fazzar, pour faire exploser une bombe sous l’esplanade des mosquées pendant le ramadan pour tuer plein de vilains musulmans. Naturellement, Cyrus est aidé par un flic ripoux qui ne pense qu’à l’argent.



Cyrus et son supérieur qui va bientôt exploser avec sa voiture.

Tous deux sont  adeptes de la 1664


VI L’apothéose


          Rudy et la femme flic sont capturés par Cyrus afin de faire pression sur le père de Rudy pour les guider dans le souterrain. Bien entendu ils parviennent à se libérer en profitant de dissensions entre le flic ripoux et Cyrus.


          Le duel entre Rudy et Cyrus se fait à l’arme blanche, ce dernier finissant avec une épée dans le ventre. Néanmoins, pour plus de sûreté, Rudy lui donne un magnifique coup de pied.



C’est juste pour illustrer le coup de pied, alors ne faites pas chier en disant que ce n’est pas une image du film dont je parle !


          C’est pas tout ça, mais la bombe va bientôt exploser ! Notre héros n’ayant pas le temps de la désamorcer, il la jette dans une espèce de puits. L’action s’emballe à ce moment : le flic ripoux précipite Rudy dans ce puits mais tombe avec lui. Rudy se tient aux planches mises en travers du puits pour passer, mais malheureusement le flic ne parvient à s’accrocher qu’au T-shirt de Rudy qui ne supporte pas cette charge et se déchire, le flic tombe ! La bombe explose et fait quand même un peu trembler le sol. On voit alors des membres des trois grandes religions prier leur dieu… on se rend compte à ce moment qu’ils sont tous égaux, même s’ils ne donnent pas le même nom à dieu.


VII Un éternel recommencement


          Après toutes ces aventures, Rudy retrouve son père à New York où celui-ci a reçu un parchemin indiquant (en théorie) l’emplacement des cités d’or…



On ne s'en lasse pas !


En conclusion : Alliant une écriture fine et drôle à une réalisation dynamique (mais pas trop), The Order nous délivre un beau message de tolérance et d’amour entre les peuples. Un indispensable.


Le Nelge